Conseils du jury

Nous avons fait jouer notre jury à un petit jeu :
Quels conseils donneriez vous aux concourant-e-s de Buzzons contre le sexisme pour la réalisation de leur vidéo ?
Voici leurs réponses :

 

Christine Bard, Historienne, professeure d’université.

" S’indigner est nécessaire, mais non suffisant car c’est l’ordre du monde qu’il faut changer par des gestes et paroles individuels et des mouvements collectifs. Vos vidéos participeront à cette transformation en révélant des situations d’injustice, en montrant des luttes contre le sexisme, en imaginant des relations fondées sur l’égalité. Pas de sujet tabou. La domination passe par le corps et la sexualité. Il faut en parler. Tous les milieux, toutes les générations sont concernés. Le sexisme se manifestant dans tous les domaines de la vie, vos vidéos peuvent aborder de très nombreux problèmes. Vous savez que le féminisme s’engage dans toutes sortes de combats politiques, sociaux, culturels, économiques, internationaux, etc. pour l’égalité entre les sexes. Ce qui m’intéresse particulièrement est ce que vous identifiez, vous, qui avez entre 10 et 22 ans, comme étant le plus important et qui n’est pas forcément visible ou perçu par vos aîné-e-s. Et comme historienne, je vous conseille de vous appuyer sur les connaissances déjà disponibles : les études sur le genre et l’histoire du féminisme. Cela ne peut que donner plus de force à ce que vous avez envie de dire, vous, aujourd’hui. Ne négligez pas la forme qui révèle aussi à sa manière votre message. "

 

Nicole Brenez, Historienne, programmatrice à la Cinémathèque Française

"Pour ma part, en tant qu'historienne et programmatrice, je ne peux que recommander aux jeunes auteurs de se pencher sur l'œuvre magnifique d'une pionnière, Carole Roussopoulos. Depuis l'an dernier, un site lui est consacré http://www.carole-roussopoulos.com/ On y trouve sa filmographie, sa biographie et un bel entretien avec la spécialiste de son œuvre, Hélène Fleckinger.
Ses films simples, parfois très drôles ("SCUM Manifesto", "Miso et Maso vont en bateau"), parfois tragiques ("Les mères espagnoles"), toujours engagés et profondément humains, constituent une formidable source d'énergie et d'inspiration. À l'échelle d'une vie, ils nous montrent comment une suite de gestes aujourd'hui ordinaires (prendre une caméra, prendre parti, se mettre à l'écoute d'autrui, trouver la forme cinématographique qui respecte le mieux la situation) participent de l'histoire collective, et y impriment leur marque."

 

Lorie Decung, Vidéaste et webmestre (militante à MixCité31)

"Faire un film "contre", faire un film "pour"... Quel que soit le but de votre film, je vous conseille d'écouter avant tout votre coeur, votre colère, vos intuitions, et surtout vos SENS ... Oubliez les règles, la technique, les "savoir-faire"...On peut jamais savoir si on filme juste, mais on peut le ressentir. Sentir quand on arrive à faire un-e avec l'oeil de sa caméra, sentir le film qui prend forme au montage...Quand les séquences comment à s'enchaîner, quand on sent que la magie opère, alors c'est là que l'aventure commence.
Faire le film parfait, ce n'est pas possible. C'est dans les imperfections (que l'on croit imparfaites) que les films trouvent leur âme et finissent par nous dépasser...
Faites-nous des films qui "montrent des yeux qui brillent encore, aujourd’hui, trente ans après.." ! (Carole Roussopoulos, pionnière de la vidéo militante féministe).

 

Madeleine Dupuis, Conseillère Municipale déléguée en charge de l’égalité femmes-hommes à la Mairie de Toulouse

"Je souhaiterais que ces films mettent en relief le sexisme « inconscient » des hommes en faisant (par exemple) des micro trottoirs et en posant des questions apparemment innocentes qui engendreront des réponses mettant en relief le sexisme quotidien et banal que véhiculent pas mal de nos concitoyens.

 

Nicole Fernandez Ferrer, Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir.

"RDV sur http:www.genrimages.org et profitez en pour visionner des films, des pubs, lire quelques analyses, articles et débats.
Puis oubliez tout pour faire votre propre scénario original !"

 

Genevièvre Fraisse, Philosophe.

"Ce que je propose : "rechercher les mécanismes de la pensée de l'émancipation est un travail critique aussi important que démonter les mécanismes de la domination"..

 

Valérie Guillaudot, Réalisatrice, et coordinatrice de Caméra au poing et du Festival Résistances de Foix.

"Pour un film court, misez sur une idée et une seule. Une idée qui allie le fond et la forme. Osez la sobriété!
Si votre film n'est pas muet, ne négligez pas le son. Le soin apporté à la qualité de l'enregistrement (utilisez un casque) puis au montage est essentiel. Que ce soient des entretiens, une voix off, des dialogues, une ambiance... c'est souvent le son qui fait sens dans un film.
Enfin, au montage, faites la chasse aux longueurs. Visionnez le film avec des personnes n'ayant pas participé au tournage pour bénéficier de leur regard critique.
Bon travail à tout-e-s et à bientôt "

 

Habiba Djahnine, Réalisatrice, fondatrice de l’association «Cinéma et Mémoire» et des «Rencontres du film documentaire» de Bejaïa, en Kabylie.

"Le seul conseil que je peux donner à des personnes qui fabriquent des images pour la première fois, c'est d'avoir en permanence en tête cette question "pourquoi je fais ce film?" ensuite de garder bien au chaud la réponse au fond de soi même. C'est important d'être habité par un désir fort lorsqu'on est dans une démarche créative. "

 

Virginie Houadec, Sociologue, Equipe Genre et éducation.

"Mon conseil : Des faits, de la sincérité et de l'indignation ! "

 

Janique Lauret, Educatrice spécialisée et militante féministe (association l'Ebranleuse).

"Derrière l'histoire d'une femme il y a toujours de quoi comprendre un peu mieux l'Histoire des femmes".

 

Catherine Vidal, Neurobiologiste, Directrice de Recherche à l’Institut Pasteur.

"Pour les interview d'experts, de scientifiques, de médecins etc :
- Assurez vous que les "experts" le sont vraiment, qu'ils travaillent effectivement dans des  institutions universitaires ou autres, qu'ils publient des articles dans des revues spécialisées reconnues au niveau international.
NB: Dans les sciences "dures", la publication de livres n'est pas forcement une garantie de validité scientifique car elles n'est pas une soumise aux critères de validation par des collègues spécialistes comme c'est le cas dans les revues internationales
- Adressez vous à des personnes dans la vie active, qui participent vraiment à des recherches.  De préférence à des retraités au delà de 70 ans ...."

 

A suivre...


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